Infos V.C.M
Entre dermabrasions, chutes sans conséquence et une nouvelle génération qui monte sur les podiums, le club n'a pas chômé cet été.
Plaies et bosses
- Jean-Marc Roche et Sébastien Champagnac ont écopé de dermabrasions — l'un après un « touch-and-go » classique, l'autre à cause d'un nid de poule non signalé par ses coéquipiers.
- Norbert Feau a goûté au bitume à deux reprises, sans gravité. Message du club : « Tu n'as rien à prouver ! Tu es souple, tu es solide, tu sais tomber, mais maintenant ça suffit ! »
- Les ennuis de dos de Gérard Leclerc se poursuivent, avec une nouvelle opération envisagée après la dégradation continue de sa colonne vertébrale.
Résultats sportifs
- Lucas Hurpy : victoire sur l'Ariégeoise « Rapaillou » (92 km, 2183 m D+, 29,9 km/h) le 27 juin ; 6e scratch à « La Ladagnous » le 12 juillet ; 1er au Grand Prix de Rieumes en nocturne le 18 juillet ; 4e scratch à « La Figeacoise » le 4 août.
- Alexandre Roustain : 1er de sa catégorie (45-50 ans) et 19e au scratch à « La Ladagnous » (132 km, 2300 m D+, arrivée à Hautacam) le 12 juillet.
Vie du club
À noter que le 30 août, nos amis « Los Pompilhats » ne proposent plus leur sortie annuelle club mais une simple concentration, à l'instar de l'année passée, ce qui allège considérablement l'organisation ! Après l'annulation de la journée club des « Pompils Beaumontois », réjouissons-nous de l'activité soutenue et jamais démentie du VCM !
Ayons conscience que cela ne se fait pas en paroles mais en actes, et ce grâce à nos bénévoles du CoDir. Félicitations donc à notre CoDir qui œuvre de façon dynamique. Aussi, ayons de nombreuses candidatures pour élire le prochain lors de l'assemblée générale de décembre, qui verra apparaître également une nouvelle présidence.
Ayons toujours à l'esprit que la vie d'un club est fragile ! Notre club a fière allure… que cela dure et perdure !
— Michel Marre
Une virée ardéchoise
Du 10 au 14 juin, deux membres du Véloce se sont lancés sur l'Ardéchoise — un projet mûri depuis très longtemps.
C'était un projet que nous avions depuis très longtemps et, en 2026, du 10 au 14 juin, nous nous sommes lancés sur l'Ardéchoise. Les inscriptions ont été ouvertes en décembre et, le plus dur, c'est de choisir une formule tant le choix est vaste : 1, 2, 3 ou 4 jours, avec en moyenne 6 circuits différents sur chaque formule, en mode contemplatif ou sportif (course chronométrée du samedi). Ce qui est bien certain, c'est que le dénivelé est toujours conséquent, ce que nous aurons vite fait de remarquer !
Fabrice veut profiter au maximum des paysages : il choisira le parcours « Méridionale – Montagne Ardéchoise » sur 4 jours, 626 km, 11 395 m de dénivelé en 32 ascensions. Moi, je suis plus prudente : je choisis de faire 3 jours et, parmi les 17 parcours proposés, ce sera « Crêtes Eyrieu Lignon », 212 km, 3 680 m de dénivelé.
Fabrice a fait son départ le mercredi, moi le jeudi. Nos jambes étaient prêtes : elles avaient fait leurs preuves lors des deux jours où nous avions rejoint le VCM en Aubrac. Beaucoup d'animations pour ces deux premiers jours dans les villages : les enfants des écoles nous accueillent à l'entrée pour nous faire une haie d'encouragement, de très nombreux ravitaillements sont proposés — un tous les 10 km maxi, je ne risquais pas l'hypoglycémie — tous plus appétissants les uns que les autres, certains avec des spécialités régionales.
Tous les villages traversés sont aux couleurs du Véloce : ici aussi le genêt a donné sa couleur jaune, mais c'est la myrtille qui est symbolisée par le violet. Chaque village développe un thème et certains avaient sorti le grand jeu : Fabrice, arrivé le premier à Vernoux-en-Vivarais, s'est fait happer par les habitants qui lui ont mis chemise et cravate — et le voici marié par Monsieur le curé à une jeune Ardéchoise ! Plus tard, il croisera Tintin, Dupont et Dupond.
De mon côté, je roule vers Saint-Barthélemy-Grozon : deux bénévoles sécurisent un croisement, mais il règne un grand calme… jusqu'à ce que je rentre dans « Bartelunium », par un porche en bois surmonté de trois gaulois accueillants, pour découvrir tout l'univers d'Astérix où tous les personnages étaient plus vrais que nature. Un autre village nous a embarqués dans la Casa de Papel, et le médiéval Chalençon nous réservait des scénettes de théâtre.
Les deux jours suivants sont moins animés, mais le samedi prend une autre dynamique, surtout pour les 25 derniers kilomètres, puisque tous les coureurs font route commune vers l'arrivée à Saint-Félicien. La dernière descente des 12 km du col du Buisson a été pour moi impressionnante, les coureurs de la cyclosportive passant à une vitesse folle.
Mon parcours a été bien nommé « Les Crêtes » car j'ai eu beaucoup de points de vue. Il passait par le col de la Burriane (620 m), remontait la vallée de l'Eyrieux pour rejoindre la Haute-Loire (Tence), puis revenait en Ardèche par le col du Rouvey (1244 m).
Notre bilan : la météo a été idéale, certes un peu de vent mais pas gênant puisque le plat a été oublié sur cette zone géographique. L'organisation est rodée, les logements que nous avons eus étaient sur le parcours. Les routes sont en grande partie dans un état impeccable, c'est vraiment confortable à rouler. Par contre, heureusement que nous avions téléchargé les traces sur nos GPS, car les tracés sont parfois un peu effacés, voire mal — ou pas — indiqués.
Enfin, nous en sommes repartis chargés de caillette (spécialité charcutière), de picodon (fromage de chèvre), de crèmes aux marrons et de bière au miel et, surtout, avec la promesse — moins digeste mais tout aussi appétissante — d'y revenir en 2027.
— Christelle Cubaynes Plancq
Génébrières, la montagne
Cette sixième journée Albert Laboup a été fidèle à son souvenir : Albert aimait se confronter aux côtes et aux cols, il appréciait d'y entraîner ses amis et il savait entretenir l'amitié et la convivialité. C'est dans cet esprit que s'est déroulée cette journée et que les divers circuits ont été conçus. Pas moins de cinq itinéraires étaient proposés, avec des dénivelés adaptés à tous les niveaux de pratique : de quoi satisfaire et, la canicule aidant, fatiguer tout le monde.
En suivant les petites flèches blanches du balisage — peintes au pochoir, aussi discrètes qu'efficaces — nombreux sont ceux qui ont découvert de sympathiques côtes fort peu fréquentées d'ordinaire par les circuits du Véloce. Situé au milieu des coteaux, Génébrières se gagne par de multiples itinéraires, certains bien plus pentus que d'autres : qui connaissait le « chemin de Peyrepis », qui menait au premier ravito ?
Les 130 cyclos inscrits sont ainsi passés par la salle des fêtes du village, qui nous avait accueillis gracieusement pour cette randonnée souvenir. Café chaud, petits gâteaux, bénévoles aux petits soins ont requinqué les différents groupes avant qu'ils ne s'élancent dans les coteaux environnants. Le beau temps n'était pas encore qualifié de canicule, mais le soleil tapait déjà fort. Et les côtes s'enchaînent sans répit ! Ceux qui, au retour, ont rejoint Génébrières par la route qui contourne l'église du village s'en souviendront longtemps !
Devant la salle des fêtes, une table bien garnie accueille ceux qui ont bouclé leur circuit ; les conversations sont animées, l'ambiance festive. Les commentaires sont tous positifs, les rares critiques provenant de ceux qui auraient préféré davantage de descentes et moins de montées. Mais comme ils se sont proposés pour s'occuper des circuits et de l'organisation de la prochaine édition de la Journée Laboup, on ne leur en tiendra pas rigueur !
— Dominique
Une, Deux, Trois
Huit sections, des vitesses qui grimpent et une charte vieille de neuf ans qu'il n'est jamais inutile de relire.
Depuis longtemps au VCM, trois groupes avaient été créés pour canaliser les différents niveaux de cyclistes. Puis, les effectifs croissant, il fallut instaurer des groupes intermédiaires pour mieux coller à la diversité des tailles de mollets : Une Bis, Une Ter, Deux Bis, Deux Plus ; plus récemment les Riders firent leur apparition — et voilà un groupe de plus ! Nous en sommes actuellement à 8 sections, de quoi satisfaire tout le monde, non ? Voire !
La forme varie avec le temps qui passe, l'état de santé, la météo… et comme chacun est tout à fait libre de changer de groupe à tout moment, les cyclos passent volontiers d'un groupe à l'autre. Je n'écrirai surtout pas qu'ils « montent » ou qu'ils « descendent », non, ils « passent ». Mais comme « on ne se refait pas », certains transfuges de la Une Ter arrivant à la Deux Plus y conservent leurs habitudes et tentent d'imposer dans leur nouveau groupe la moyenne qu'ils pratiquaient avant. Or ça, c'est pas du jeu !
Lors de la création de cette Deux Plus, les six membres fondateurs avaient pensé à nommer cette nouvelle cellule « La 27 », car c'était la vitesse moyenne convenue sur plat et hors vent — juste un peu au-dessus de la Deux, qu'on aurait pu appeler « La 23 » ou « La 25 », ça dépend des jours ! Sur une charte de 2017, la Une Ter affichait vouloir rouler à 30 km/h sur le plat (de 25 à 35 km/h était-il précisé). Or, lors des dernières sorties de la Deux Plus, les quelque 25 cyclos durent pédaler à 30, 35 et même 40 km/h pour tenter de suivre des locomotives issues récemment de la Une Ter.
« On part ensemble, on rentre ensemble ! » Moi, j'écrirais « On roule ensemble ! »
N'eût été la voix de stentor de Jean-Pierre pour calmer ces cadors, on aurait probablement perdu les quelques derniers qui peinaient à suivre ce rythme nouveau et trop élevé pour eux. La Deux Plus ne doit pas être une Une Ter bis. Il revient à la tête de file de se préoccuper des derniers du peloton : distancés de 100 mètres, ils n'ont plus le souffle ni la voix pour réclamer votre clémence !
— Dominique
La Charte des « Dix » — Une Ter
Adoptée le 10 septembre 2017, pour désencombrer et assagir le groupe.
- Nous partageons la route avec les autres usagers : gêner le moins possible, ne pas les injurier — cela ne sert à rien —, respecter le Code de la route.
- Ensemble, notre loisir favori : le vélo-sport-santé, sans esprit de compétition.
- Nous adaptons notre allure au profil du circuit, à la météo, au vent — sportive, sans larguer les copains.
- Les premiers en haut des bosses attendent les derniers du groupe.
- Nous roulons sans à-coup sur le plat aux environs de 30 km/h (de 25 à 35).
- La convivialité : on se salue aux rassemblements, arrêt d'au moins dix minutes aux points de ravitaillement — points café, visites d'autres clubs du Tarn-et-Garonne et départements limitrophes…
- La solidarité : arrêt absolu en cas de crevaison ou de problème technique.
- Nous partageons les efforts en passant à l'avant chacun son tour : « nous partons ensemble, nous rentrons ensemble ».
- Nous calons notre allure sur les moins gaillards, et veillons sur les collègues dans un mauvais jour ou momentanément largués — en prévenant la tête de file.
- L'amitié : nous la décuplerons entre nous si nous sommes respectueux de ces quelques règles.
Pauline, double championne
Le récit de Pauline Marc, 11 ans, sacrée pour la deuxième année consécutive au Concours National d'Éducation Routière.
Pauline MARC, championne au CNER
Pendant le week-end de l'Ascension, la FF Vélo organisait ses championnats de France des jeunes à Eymouthiers, en Charente. Pauline Marc, membre de l'École de Vélo (8-12 ans) du Véloce Club Montalbanais, y représentait la région Occitanie.
Le récit de Pauline (11 ans)
La veille, nous sommes allés faire une balade : c'était très vallonné et nous avons suivi les balises qui servaient de repère pour les jeunes du critérium VTT. Nous sommes beaucoup montés et nous avons traversé de petits chemins dans la forêt.
Le samedi après-midi, j'ai eu ma compétition d'éducation routière. J'ai commencé par les questions du Code de la route, assez simples pour moi, avec quelques petits pièges. Ensuite, pour la maniabilité, j'avais un peu peur au début car nous n'avions pas le droit d'avoir nos propres vélos — ce sont les juges qui nous les prêtaient. Sur la première zone, je n'ai pas fait d'erreur, sur la deuxième non plus, mais dans la troisième — la planche inclinée et le huit avec les quilles — j'ai fait pas mal d'erreurs.
Je suis ressortie pas très confiante, en me disant que j'avais tout raté. Puis est venu le palmarès : je pensais être 5e ou 6e. La 3e place annoncée, ce n'était pas moi ; on a dit que la 1re et la 2e étaient à égalité, départagées sur les points de maniabilité. La 2e, ce n'était toujours pas moi, et le présentateur a annoncé : « la première, pour la deuxième année consécutive, est Pauline Marc ». C'était donc moi la première — je ne m'y attendais pas du tout et j'étais trop contente d'avoir gagné !
J'ai eu une médaille, une coupe et le maillot de championne de France, que j'ai donc deux fois. Cette année, c'était mon dernier concours d'éducation routière, car après je n'aurai plus l'âge d'y participer.
— Pauline Marc (11 ans)
Le Véloce Club Montalbanais à l'honneur
Le CNER, Concours National d'Éducation Routière, réunissait les 57 meilleurs jeunes de 10 à 12 ans issus des sélections départementales puis régionales de toute la France. Le concours comprend deux épreuves : un parcours de maniabilité d'une quinzaine d'ateliers — passage sous une barre, slalom, arrêt d'urgence, déplacement d'un objet, passage de carrefours… — et un examen du Code de la route de 40 questions. Le total cumulé donne le classement final sur 400 points.
Comme l'an passé à Nans-les-Pins, dans le Var, Pauline devient championne de France après une compétition des plus serrées pour départager les trois filles du podium : un doublé historique. Une consécration après sept années passées au sein de l'École de Vélo du VCM. En espérant que cela créera des vocations au sein du club pour la rentrée, tant chez les enfants que dans l'encadrement !
— Jean-Louis Marc
Aubrac 2026
Deux ans de préparation, sept membres à plein temps, douze tracés téléchargeables — et un bus Deltour chargé à ras bord de 42 vélos.
Deux années de préparation ! Sept membres à plein temps ! Présentation du projet à l'AG du 6/12/2025 ! Des dizaines de réunions au CoDir ou en commission ! Des réservations douze mois à l'avance ! Douze tracés téléchargeables pour tous les niveaux (vert, bleu, rouge, noir) ! Trois propositions de randonnées pédestres pour les accompagnant(e)s ! Des reconnaissances sur le terrain, des feuilles de route détaillées et l'édition de cartes routières…
Tout ce travail préparatoire ne pouvait que promettre une belle participation : très rapidement, les inscriptions ont couvert le nombre maximum de places disponibles dans le bus, et il fallut ouvrir une liste d'attente. Carton plein !
Vendredi 5 juin — Bozouls, Castelnau-Lassouts, Aubrac
Dès 5 h du matin, les cyclos convergent vers le bus Deltour et sa remorque de luxe, véritable coffre-fort roulant pour nos précieuses montures. Après le petit déjeuner « au 121 », découverte du « Trou de Bozouls », un immense cirque en fer à cheval de 400 m de diamètre et 100 m de profondeur creusé dans le calcaire par le Dourdou. Direction ensuite le Clapas de Roquelaure, un éboulis de rochers basaltiques dominant Saint-Côme-d'Olt et la vallée du Lot.
Non loin de Lassouts, des travaux nous interdisent le passage : un large détour, agrémenté d'un florilège de plaisanteries, nous remet sur le bon chemin. Pause pique-nique à Sainte-Eulalie-d'Olt, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, puis franchissement du Lot et montée vers le barrage de Castelnau-Lassouts.
Le petit groupe parti « faire le tour du lac » vers le second barrage découvre une piste agricole cahoteuse sur plus de 3 km, puis un mur à 19 % suivi de deux kilomètres entre 9 et 16 % — les VAE prennent du champ ! De Lassouts, une réconfortante descente ramène tout le monde à Saint-Côme-d'Olt, puis retour à Espalion par le GR 65. Le soir, apéritif offert par le club : tous les cyclistes sont bien rentrés, et tous les parcours proposés ont été empruntés.
Samedi 6 juin — Estaing, Laguiole, le col d'Aubrac
Temps brumeux, une majorité encore en cuissard long. La descente de la vallée du Lot mène à Estaing et son château millénaire, puis la D605 s'élance à l'assaut des contreforts des monts d'Aubrac : 7 à 10 % dès l'embranchement, jusqu'à Florentin-la-Capelle et son clocher-peigne du XVe siècle.
Le plateau de Viadène offre un cadre grandiose entre les vallées du Lot et de la Truyère, où les vaches Aubrac « semblent ruminer avec le sourire ». Un cyclo-voyageur en VTT chargé, parti de Bordeaux vers Annecy en autonomie complète, accompagne le groupe une quinzaine de kilomètres avant Laguiole — où l'on croise La Forge de Laguiole, transpercée par une lame d'alu de 20 m signée Philippe Starck, et le restaurant de Michel Bras.
L'ascension se poursuit jusqu'à 1350 m, entre campanules, digitales, gentianes et bleuets, avec la dentelle des volcans du Cantal à l'horizon. « Au col d'Aubrac, bien prendre à droite : Aubrac n'est pas signalé ! » avait prévenu Jean-Paul — ce qui n'empêche pas quelques distraits de se tromper. Puis, récompense méritée : plus de 30 km de descente quasi ininterrompue jusqu'à Saint-Côme-d'Olt et son clocher tors, avant de rejoindre Espalion, en fête pour un festival de bandas.
Dimanche 7 juin — Estaing, Entraygues, Conques
Départ sous le château fort de Calmont d'Olt, le long des berges du Lot. Traversée du pont à quatre arches d'Estaing, construit vers 1500, puis visite de l'église Saint-Fleuret. Descente de la vallée du Lot, encaissée et très verte, jusqu'à Entraygues — « entre les eaux » — où les pique-niques attendent au confluent du Lot et de la Truyère, au pied du château médiéval.
Un petit groupe choisit une variante offrant 450 m de dénivelé supplémentaires : quatre kilomètres très raides, six passages à 10 %. Tous arriveront au col et à son point de vue — photo obligatoire ! Aux portes de Conques, le grand soleil illumine la façade de l'Abbatiale romane de Sainte-Foy et fait vibrer les vitraux de Pierre Soulages.
Mention spéciale pour l'excellente qualité des routes empruntées durant ces trois jours — à l'exception du fameux « tour » du lac de Lassouts ! Pour la deuxième fois, le chauffeur des Ets Deltour réussira le puzzle consistant à caser 42 vélos dans sa remorque. L'appel dans le bus confirmera qu'on n'a perdu personne.
N.B. 1 — Plusieurs villages traversés durant ce voyage étaient classés parmi les Plus Beaux Villages de France : Conques, Estaing, Saint-Côme-d'Olt, Sainte-Eulalie-d'Olt.
N.B. 2 — Le groupe de travail qui a préparé ce voyage était composé de : Brigitte, Christelle, Frédérique, Nicole, Éric, Jean-Paul et Pascal.
— Dominique
Le clocher de Saint-Côme
Pourquoi la flèche de l'église Saint-Côme s'élance-t-elle vers le ciel en spirale ? Petite histoire d'un mystère que le VCM a pu admirer au passage.
Au XIIe siècle, les clochers deviennent les plus beaux ornements des églises : des tours élancées vers le ciel, non plus seulement pour abriter des cloches, mais pour signaler la puissance de Dieu, symbole de la présence spirituelle et de la foi.
Au début du XVIe siècle, l'église de Saint-Pierre-de-la-Bouysse, hors les murs de Saint-Côme, devient trop petite. En 1521, la communauté demande à leur seigneur, Guy de Castelnau, évêque de Périgueux, et à leur prieur, Antoine d'Estaing, d'agrandir la chapelle du château. L'ouvrage est confié à l'architecte Antoine Salvanh, qui vient d'achever la Tour de la cathédrale de Rodez — l'une des quatre Merveilles du Midi.
La construction commence en 1524 ; le gros œuvre est terminé en trois ans. Mais c'est la forme insolite du clocher qui fascine : monté sur une tour carrée, son dernier étage octogonal est couronné par une flèche vrillée de gauche à droite, culminant à 42 m au-dessus du sol. Cette torsion d'un seizième de tour ne couvre que les deux tiers de la flèche. L'église est achevée en 1532, consacrée à saint Côme et saint Damien, patrons des médecins et infirmiers.
La querelle des clochers
Vrillés, tordus, flammés, saouls, bourrés, endiablés : les clochers tors ont fasciné et fait couler beaucoup d'encre. Viollet-le-Duc fut le premier à soutenir que ces clochers seraient devenus hélicoïdaux par l'emploi d'un bois de charpente mal séché, ou par une erreur de conception — thèse difficile à accepter tant les charpentiers de l'époque savaient choisir leur bois.
Et le diable, dans tout ça ? Chaque village abritant un clocher tors a sa légende : celui qui voulait suivre la course du soleil, celui qui se plie de rire au baiser rituel de deux mariées ayant interchangé leurs époux, celui tordu par la queue d'un diable délogé par une paroissienne… À Saint-Côme, la rumeur veut que ce soit la soif qui ait dévié les charpentiers : ils avaient commencé droit, mais le petit vin des coteaux aidant, ils allaient de moins en moins droit !
« La déviation et la forme en spirale de cette remarquable charpente ne sont pas dues à l'action du temps… mais bien la réalisation d'une idée fort originale d'entrepreneur intelligent. »
Nous savons que la torsion est d'origine : un contrat de réparation de 1627, après un incendie déclenché par la foudre, stipule que la charpente doit être remise dans son état originel de torsion. En 1929, la foudre retombe sur le clocher. L'architecte départemental, Monsieur Boyer, assisté de charpentiers, conclut qu'il s'agit bien d'une spirale intentionnelle — le poinçon central étant resté parfaitement vertical.
L'explication la plus probable tient à la personnalité de Salvanh : architecte au sommet de sa carrière après la tour flamboyante de Rodez, il ne pouvait construire une église banale — mais les moyens financiers n'étaient peut-être pas à la hauteur de ses ambitions. Il imagine alors un clocher d'une originalité remarquable, et en cela, il a eu raison. Aujourd'hui, la pointe s'est redressée — non par fierté, mais faute de budget suffisant lors de la réfection de 1929.
D'après un article de Marie Luxembourg, Fédération des Aveyronnais d'Ici et d'Ailleurs. On dénombre 80 clochers « tors » en France, Belgique, Allemagne, Angleterre, Autriche et Danemark.